Jour 16 à 17: premiers jours en Pologne!

Jour 16, 30 juillet: Nous voilà en Pologne: 72,17 km, 733m de dénivelé

Le matin, nous nous levons de notre joli petit spot de bivouac au son d’une tondeuse à gazon qui occupe un jardinier matinal un peu en contrebas.

Hé oui, hier, nous étions tout la haut, tout là-bas!

La journée attaque directement de manière très sérieuse, par une montée presque continue, mais pas désagréable, jusqu’à la frontière. Nous nous arrêtons dans une petite ville frontalière pour finir nos dernières couronnes tchèques dans un salon de thé qui nous rappelle une dernière fois que la cuisine n’est pas le principal atout du pays.

Une vingtaine de kilomètres après notre départ, la voilà devant nous, notre troisième frontière, et la première à nous ouvrir les portes d’un pays totalement inconnu de l’un comme de l’autre.

Nous arrivons peut être même un peu trop vite en Pologne
C’est rigolo, en Pologne, on a le droit de rouler plus vite la nuit dans les villages. gare aux piétons qui trainent en ville après 23h!

Nous découvrons un paysage, évidemment un peu semblable à celui de la République Tchèque que nous venons de laisser derrière nous, champêtre et vallonné. Les maisons sont particulièrement mignonnes, en pierres et avec une architecture de bois sur la partie haute, ou en briques rouges. Elles sont agrémentées de coquets jardins très fleuris et entretenus. Nous remontons un petit vallon sur des routes presque désertes, j’ai la chance de voir une biche bondir non loin tandis que Victor cherche un endroit pour le pique-nique.

Au fur et à mesure que nous avançons, nous découvrons que les pistes cyclables polonaises, si elles semblent un peu plus bitumées que les tchèques, sont parfois tout aussi épiques. Quand, par exemple, nous remontons la rivière Bobr, le gentil chemin goudronné se transforme en sentier de randonnée. Comme d’habitude, c’est joli, sympa, mais ça secoue et ça fait chuter notre moyenne.

Ça viendra aussi et surtout, après seulement deux semaines de voyage, à bout de la soudure gauche de mon porte bagage avant.

La preuve ultime!!!

Pour l’instant, nous ne le savons pas encore, le nez sur le compteur, nous voyons que nous approchons du millier de kilomètres. Il arrive à pic (c’est le cas de le dire) au sommet d’une petite côte couronnée par un beau restaurant où viennent manger les randonneurs.

Pour fêter nos 1000 km, nous nous offrons donc une bière et une glace, et pas n’importe laquelle : une grooosse glace avec plein de crème !

C’est régressif, mais qu’est ce que c’est bon!

Il est fou de se dire que nous venons de parcourir la même distance qu’il nous a fallu l’an dernier pour rallier Strasbourg à Limoges, en deux semaines. Le contexte aidant, nous avons l’impression d’être bien plus loin, mais aussi, curieusement, d’être partis la veille.

Il nous fallait bien une bonne pause sucrée et houblonnée pour poursuivre notre route jusqu’à notre point de chute, Jelenia Gora, où nous devons être hébergés par Piotr, un warmshower. Nous y arrivons vers 19h, nous plantons la tente dans le (minuscule) jardin de sa maison partagée et il nous offre la sacro-sainte douche du cycliste, mais il doit travailler et a peu de temps à nous accorder. Il prend quand même le soin de nous conseiller un bon bar-restaurant dans la ville, le Metafora, et les plats à privilégier pour notre repas.

Nous découvrons avec joie, et un peu de surprise au vu de nos préjugés et des descriptions qu’on avait pu nous faire de la gastronomie polonaise, une bonne cuisine : les pierogis. Il s’agit de gros raviolis fourrés de différentes manières (ici pour nous des patates et du fromage), recouverts d’oignons frits. C’est un peu gras mais c’est bon, et nous goutons aussi le fameux fromage frit recommandé par Michal (le smazak), accompagné d’une bonne salade de choux, mais il est moins convaincant. On se sent plutôt bien en Pologne pour ce premier jour, la nourriture, tout en étant un peu plus chère qu’en République Tchèque, est bonne et abordable, la bière fraîche, et nous avons toute la journée de demain pour nous reposer.

Jour 17, 31 juillet : Journée repos à Jelenia Gora

Dans le petit jardin de Piotr, fort agréablement ombragé par sa maison durant une bonne partie de la matinée, nous prenons le temps de dormir un peu. Nous le rejoignons ensuite à l’étage pour déjeuner, mais il fait une chaleur de four dans son appartement situé sous les toits. Piotr est un cyclotouriste, mais pas un comme nous. Quand il prend son vélo, c’est pour faire du sport, et pas qu’un peu. Il hallucine devant tout notre chargement, la taille de notre tente et notre rythme – visiblement risible –  d’une soixante-dizaine ou quatre-vingtaine de kilomètres par jour. Lui quand il prend son vélo, ça n’est pas pour bailler aux corneilles et regarder passer les biches : il roule plus de cent kilomètres dans les montagnes, emprunte les axes principaux sans se soucier de chercher des petites routes et chemins, et semble avoir une discipline alimentaire qui ne comprend pas de bières ou de gros repas. Bref, nous découvrons la différence entre le cyclo-touriste et le cyclo-sportif. Et pour être honnêtes, nous préférons largement notre manière de voyager tranquillement, même si celle de Piotr a su l’emmener bien loin : il a en effet déjà pédalé en Asie du Sud Est, mais aussi en Australie, en Nouvelle Zélande, en Amérique Latine. Il est plein de bons conseils sur ces endroits, mais aussi sur ce que nous allons visiter à Jelenia Gora, une sympathique petite ville au pied des montagnes polonaises, dont on sent aux belles façades décrépies qu’elle a sans doutes eu plus de panache, mais qui se révèle agréable à vivre.

La jolie et tranquille Jelenia Gora, au creux des montagnes

Le soir, Piotr nous rejoint dans le bar-restaurant Metafora où nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à écrire et travailler, nous conseille encore des très bons plats (des ribs de porc à la sauce piquante que Victor croit tout d’abord américains et une côte de porc pannée, mais très bien faite, avec des patates) tout en restant pour sa part très sobre : on n’absorbe plus rien après le souper de 18h30.

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