Jours 287 à 293 : Dernière étape à vélo, de Kaiteriteri à Wellington en longeant la mer

Cette semaine, nous nous acheminons, en pédalant et grâce à un ferry, jusqu’à la capitale de Wellington, sur l’île du Nord, où nous attendent Robyn et Steven, les parents de Catherine, une amie kiwi de la famille de Cécile. Il s’agit de la dernière étape de tout notre voyage à vélo, car, l’hiver arrivant, nous laisserons nos fières montures à deux roues pour leur préférer un van et continuer ainsi notre périple.

C’est une petite semaine qui nous attend, avec des itinéraires cyclables nous permettant de longer la mer, en suivant la côte ou en la contemplant depuis les montagnes. Après tout ce que nous avons déjà traversé, au Nord Laos et dans l’Otago, nous abordons cette dernière étape assez sereinement, et on ne pourrait pas plus se tromper. Nous ne le savons pas encore, mais nous n’avons pas encore vécu notre « pire journée » de tout ce périple à vélo.

Après une pause à l’entrée du Parc National d’Abel Tasman, nous repartons donc tranquillement et innocemment de Kaiteriteri sans nous douter de ce qui nous attend…

Du 27 au 28 avril, jours 287 et 288 : Petite pause un peu feignante à Kaiteriteri

Il y a sans doute des pauses plus utiles et productives que celle que nous prenons à Kaiteriteri. On pourrait arguer que cela n’est pas véritablement de notre faute, puisque la météo est devenue bien mauvaise.

Voilà l’automne bien installé et l’hiver qui montre son nez

C’est donc à l’abri de la pluie que nous menons nos activités habituelles des jours sans vélo et rechargeons toutes nos batteries. Comme c’est encore les vacances scolaires avec plein d’enfants partout, nous remettons à une autre fois la découverte du beau Parc National d’Abel Tasman. Au lieu de partir en grande randonnée (faute d’équipement et de climat favorable), nous profitons d’une éclaircie pour découvrir le bord de mer, qui n’a plus grand-chose à voir avec les interminables plages de galets et de bois flotté battues par les vents de la West Coast.

Est-ce que ça ne ressemble pas un peu plus aux Caraïbes?

Jour 289, lundi 29 avril, 36km, 295m de denivelé : Petite étape vallonnée jusqu’à la plage de Kina

En ce lundi de la fin du mois d’avril (l’équivalent de l’automne ici-bas), le soleil est revenu sur l’île du Sud de la Nouvelle Zélande.

Nous partons pour ce qui aurait dû être une étape très modeste de reprise, mais échangeons notre itinéraire initial – une route bitumée trop empruntée à notre goût – pour un chemin de trail, plus adapté aux VTT qu’aux lourds vélos de cyclotouristes. Mais qu’à cela ne tienne, l’ascension vaut l’énergie dépensée, car elle offre de superbes panoramas sur la campagne environnante.

Cette campagne est tout à la fois plus aménagée et plus habitée que toutes celles que nous avons vues auparavant en Nouvelle Zélande. Nous découvrons ainsi nos premières vignes et nos premiers oliviers, et admirons d’imposantes et opulentes habitations, qui feraient passer les petites bicoques blanches de la West Coast pour des cabanes de pêcheurs.

Au bout de notre journée, nous découvrons le petit camping de la plage de Kina qui pourrait bien remporter la palme du « plus mignon de Nouvelle Zélande », avec ses installations faîtes de bric et de broc. La gardienne du camping, après nous avoir fait payer les 5 dollars par personne réglementaires, s’enquiert gentiment de savoir si nous aurons besoin de couvertures… Nous sommes encore une fois les seuls à camper, et c’est bien vrai qu’il commence à faire frisquet.

Couchés très tôt pour conserver un peu de chaleur, nous nous endormons bercés par le bruit des vagues, qui viennent s’écraser sur les galets à quelques dizaines de mètres de nous à peine.

Jour 290, mardi 30 avril, 57km et 370m de dénivelé : balade entre vignes et oliviers jusqu’à Nelson

Le lendemain matin, nous avons un panorama de choix pour prendre notre petit déjeuner, et l’on se plait tant par ici qu’on aurait presque envie de rester, mais cela n’est plus possible, car nous avons rendez-vous à Wellington.

Soucieux de privilégier les petites routes, nous partons sur un itinéraire cyclable en direction de la bourgade de Mapua, d’où nous pourrons prendre un ferry susceptible de nous faire accoster sur Rabbit Island (l’île du Lapin).

Ces petits oiseaux au corps noir et bec rouge sont des oystercatchers (en français, des huitriers variables). Les noirs sont endémiques de la Nouvelle Zélande où il n’y en a que 4000.
De plus prêt (mais photographié ailleurs): ne sont-ils pas trop mignons?
Une autre sorte d’Oystercatcher en train de chasser l’huître

La route est agréable, mais au bout, c’est la déception, car les ferrys ne circulent plus depuis le 29 avril (fin de la saison estivale). Et, vicieux coup du sort, nous sommes le 30 ! Nous faisons donc machine arrière et nous résolvons à prendre la seule et unique alternative, la highway (l’équivalent d’une nationale) qui remonte le long de la côte. Sur cette highway, il y a beaucoup de voitures, et elles affectionnent particulièrement débarouler à fond la caisse, si bien que nous sommes rassurés de découvrir un bas-côté assez large pour nous permettre de rouler sereinement. Dix kilomètres de highway sonnante et pétaradante plus loin, nous retrouvons la tranquillité d’un itinéraire cyclable qui coupe à travers champs.

Les paysages redeviennent un peu plus plats qu’auparavant, mais sont aussi plus urbanisés, car nous longeons le bord de mer et voici bientôt qui se dessine au loin la ville de Nelson. S’ensuivent alors une vingtaine de kilomètres dans une zone semi-urbaine faite d’usines, de hangars puis de maisons. Depuis un mois que nous usons nos pneus sur les routes de Nouvelle Zélande, voilà notre première « grande » ville, Nelson, 40 000 habitants ! Et comme tous ses habitants ont à priori décidé de vivre en maison et non en immeuble, la ville s’étend sur une impressionnante superficie, nous donnant l’impression de pédaler interminablement jusqu’à son centre.

Heureusement pour nous, une très longue piste cyclable nous permet de pédaler sereinement en amont ou en aval d’une route au trafic assez dense. Cela n’empêche tout de même pas le conducteur d’un gros 4X4 de nous exprimer avec tout le tact dont il est capable ce qu’il pense des cyclistes (ou des étrangers, difficile à dire). Alors que nous sommes à quelques mètres en contrebas de la route, il me siffle pour attirer mon attention, puis adresse un grand doigt d’honneur à Victor, accompagné d’un « fuck you » bien rauque, au cas où l’on aurait pu se méprendre quant au geste susmentionné. Décidément, c’est la deuxième fois en Nouvelle Zélande – et la deuxième fois de tout notre voyage d’ailleurs – que nous nous faisons insulter de la sorte… Y aurait-il un effet de mode, une habitude de conduite, une cabale anti-cycliste ?

Tout en nous interrogeant, nous encaissons, réalisant trop tard pour répondre avec la politesse due à un tel geste. Après un arrêt au centre-ville de Nelson dans un magasin de chasse un peu flippant (équivalent du vieux campeur ici) pour remplacer un opinel porté disparu, nous nous acheminons vers un camping.  Celui-ci se trouve à quelques kilomètres de Nelson, il n’est pas bien cher, mais il n’est pas vraiment bien non plus. Nous sommes quand même bien contents d’y trouver une douche chaude et de quoi manger à l’abri car ce soir, horreur, malheur, il fait un froid de canard ! A 20h à peine, voilà que de la buée accompagne chacune de nos respirations, si bien que nous décidons d’en revenir à nos précautions de Mongolie Intérieure, utilisée aussi une fois ou deux dans le Sud de la Nouvelle-Zélande : on isole le sol de la tente avec une couverture de survie, et on habille d’un gant la courageuse main qui sort du sac de couchage pour tenir le livre ou la liseuse !

Jour 291, mercredi 1er mai, 36km, 1156m de denivelé : la journée de l’horreur

Pour raconter cette journée, qui n’usurpe absolument pas le titre de « journée de l’horreur », il nous faut un peu revenir sur notre organisation « de travail » pour le voyage à vélo. Après quelques mois de pérégrinations, nous nous sommes aperçus qu’il était plus pratique de se répartir les tâches en fonction de nos appétences respectives au lieu de tout faire ensemble ; Victor se chargerait du tracé de l’itinéraire tandis que je serai à plus forte raison la rédactrice du blog. En principe, nous définissons ensemble les grandes lignes : les sujets à aborder dans le blog ou les endroits par lesquels passer, mais ensuite, chacun travaille de son côté à affiner les détails… Cela fonctionne la plupart du temps, mais parfois une petite erreur peut venir se glisser…

Durant les heures passées à pousser nos vélos dans les horribles montagnes de l’horrible journée de l’horreur, j’ai souvent repensé au moment fondateur de notre erreur. Victor annonçait les enjeux de l’étape de la journée : « Y’a pas 36 000 solutions à partir de Nelson, et beaucoup de dénivelé dans tous les cas. Soit on passe par la highway et ça va être dangereux, pentu et bruyant, soit on coupe à travers les montagnes, ça sera plus tranquille et plus joli mais on risque d’avoir à pousser un peu, voire à la limite un peu beaucoup. » Je me souviens avoir à ce moment-là plaisanté : « sinon, on n’a qu’à prendre le bus », ce qui était, avec le recul, une option forte intéressante que nous aurions pu creuser. Mais non, je me revois, levant à peine les yeux de l’écran de l’ordinateur, marmonner un « ok, d’accord, si c’est mieux, alors passons par la montagne ». Nous avons à ce moment-là la mémoire courte, car une VTTiste française rencontrée un peu plus tôt nous a prévenus que le chemin était difficile, et qu’elle avait dû pousser son vélo sur près de 8km. Cependant, pêché de prétention peut être face à cette cycliste débutante, nous n’avons pas su écouter ses avertissements.

Nous savons en nous préparant ce matin-là, qu’une journée plutôt ardue nous attend, mais pourtant, nous ne ressentons aucun stress. J’oserai même dire qu’il y a comme un certain calme avant la tempête, une douce sérénité. Après tout, même si cela monte beaucoup, nous n’avons en tout et pour tout qu’une trentaine de kilomètres à faire, ça n’est pas la fin du monde. Nous prenons donc le temps de voir arriver le soleil et de rafistoler un peu notre tente, qui montre, après presque un an de voyage, ses premiers signes de faiblesse.

Les sept premiers kilomètres de notre étape se passent étonnamment bien : la route monte assez sec, mais nous nous attendions tellement à pire que nous avons presque l’impression d’aller vite. Et nous échangeons quelques paroles rassurées : « oh ben si c’est ça tout du long, ça passe à l’aise » nous disons-nous ainsi naïvement, tout en nous extasiant du calme qui règne dans la forêt, pas si loin, pourtant, de la ville de Nelson.

S’ensuivent quelques montées plus raides, qui nous obligent à poser un peu le pied à terre, mais, encore une fois, rien que nous n’ayons déjà fait. Nous atteignons donc le premier col assez rapidement, et admirons un beau panorama. Un élément du paysage, cependant, nous interroge : « c’est quoi ce glissement de terrain qu’on voit là-bas ? Ce n’est quand même pas la route qu’on doit prendre, si ? ». Et si, c’est bien la route, un sillon de cailloux et de terre séchée si raide qu’on le croirait de loin vertical. Nous en prenons quand même le chemin et nous lançons dans cette terrible montée, si pentue qu’il nous faut nous mettre à deux pour monter chaque vélo, en dérapant sur une fine couche de petits cailloux. Nous ne le savons pas encore, mais ça n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. Après 20 minutes d’escalade au terme desquelles nous voilà tous deux montés avec nos vélos, nous continuons le petit chemin qui alterne des espaces de plat où l’on peut pédaler et des montées qui exigent de pousser sur les pédales ou de pousser tout court. Bon an, mal an, nous faisons ainsi quelques kilomètres, jusqu’à ce que les montées deviennent si raides (rien à moins de 20%) qu’il nous faille abandonner l’idée d’y pédaler. « Nous irons à pied, mon cher ! » Seulement, il nous reste encore 7 km et plus de 1000m de dénivelé à faire dans ces conditions pour atteindre le col. Ce seront les kilomètres les plus longs de notre vie. J’insiste : les plus. Longs. De notre. Vie !

Pendant des heures, nous poussons nos lourds vélos chacun leur tour par tranches de cent mètres, car c’est désormais le seul moyen d’avancer, tant le terrain est pentu et les graviers glissants. Tels deux Sisyphe idiots, nous poussons un premier fardeau en trébuchant dans les cailloux, puis nous redescendons chercher notre second rocher pour le faire rouler lui aussi dans une ascension qui nous paraît interminable. Au bout de quelques heures de ce traitement, nous sommes en sueur, exténués, et découragés. Mais il reste encore trois kilomètres, les pires, et pendant ce temps nous voyons l’après-midi qui passe et le soir qui vient.

L’humidité se renforce, on dérape, on s’enfonce, on s’énerve, c’est insupportable. Au détour de chaque virage, chaque nouvelle portion de chemin se révèle plus pentue que la précédente et alimente notre désespoir. Notre progression moyenne est descendue à 1km/h, du jamais vu sans doute, et de toute la journée, nous ne croisons pas âme qui vive. C’est peut-être mieux ainsi, que personne ne soit témoin de notre bêtise…

En enfin, contrairement à Sisyphe au moins, notre calvaire prend fin. Il est dix-sept heures et voilà le sommet, et le soleil qui se couche derrière les montagnes. Nous avons à peine le temps d’un thé et d’un petit morceau de chocolat qu’il faut déjà nous lancer dans la descente pour éviter de voyager dans la nuit noire…

Le panorama est plutôt sympathique…
…Mais pour une fois, non, non, non, on ne peut pas dire qu’il vaut bien les efforts faits pour venir l’admirer!

Il nous reste près de 20km à faire, et nous devons faire les deux premiers en marchant à côté des vélos, car la pente de l’autre côté du col est elle aussi très raide et accidentée. Plus loin, elle devient plus clémente et nous pouvons à nouveau enfourcher nos vélos, même si l’on conserve une moyenne très faible en raison d’un terrain difficile à pratiquer. Désespérant un peu de devoir faire une partie du trajet dans le noir, nous commençons à envisager de bivouaquer en découvrant un petit coin d’herbe plat dans un virage mais nous découvrons qu’il est déjà occupé… Par un cadavre de chèvre. Nous nous éloignons de ce spectacle un peu glauque dans la semi-pénombre de la montagne, pour découvrir deux autres cadavres, un bouc et une chèvre, gisant au bord de la route les pattes en l’air.

Alors que nous nous interrogeons sur les causes de leur mort, voilà que nous croisons un 4X4, occupé par le premier être humain que nous voyons de la journée. Celui-ci nous explique que c’est lui qui a chassé les chèvres, et à l’arc, s’il vous plaît. Il s’enquiert un peu des raisons pour lesquels nous nous amusons à pédaler dans le noir, et nous indique gentiment un spot de bivouac, dont malheureusement nous ne trouverons pas la localisation.

On n’y voit goat! Heu, goutte, on n’y voit goutte!

Nous continuons notre descente, et devons traverser une rivière qui coupe la route. Dans le noir, je ne vois pas les gros rochers, m’emmêle un peu les pinceaux et plouf dans l’eau glacée ! C’est alors, sans mauvais jeu de mots, la goutte d’eau qui fait déborder le vase : Victor passe un sale quart d’heure quand mes pieds mouillés et moi-même lui disons ce que l’on pense de son itinéraire ! « C’est la bévue de trop, Jim, rendez-moi votre arme et votre badge! »

Un peu plus loin sur le chemin, revoilà le chasseur de chèvres sauvages en 4×4, qui redescend de la montagne avec son butin. Il s’enquiert à nouveau de notre situation, et nous lui expliquons que nous préférons redescendre jusqu’à un camping pour avoir une douche plutôt que de camper le long de cette route où il a semé les cadavres de chèvres comme le Petit Poucet sème les cailloux. « Je vous déposerait bien, dit-il, mais maintenant j’ai quelques biquettes dans le coffre, c’est pas bien pratique ». Il nous raconte ensuite qu’il a déjà secouru, il n’y a pas bien longtemps, un couple Ecosso-Australien en VTT et en mauvaise posture sur cette même route. « Et je comprends que vous vouliez une douche, commente-t-il, ça a senti la sueur d’Australien pendant une semaine dans ma voiture. Une horreur, mais les pauvres étaient en larmes ! »

Il rit, et nous rions aussi, mais un peu jaune : « ah bon, c’est bizarre, nous on s’amuse bien !» Nous sommes incapables, à ce moment-là, d’avouer que, oui, cette route est le pire cauchemar des cyclistes. Une fois le chasseur en 4×4 disparu, nous nous interrogeons sur son étrange sensibilité olfactive : qui eut cru le fumet d’un cycliste australien en pleurs plus rebutant que les effluves d’un tas de chèvres mortes ?

A force de pédaler à l’aveuglette, nous voilà descendus de notre montagne, et retrouvant un sol plus correcte pour pédaler. Alors que nous faisons une pause pour mettre nos gants (il commence à faire sérieusement froid, en plus du reste) nous voyons notre premier opossum vivant, se dandinant assez sereinement dans la lumière de nos lampes frontales. Un peu plus loin, nous en voyons un autre, mais mort et tout raplapla. Nous commençons à nous dire que ces bestioles ne sont définitivement pas douées pour traverser les routes, car celle sur laquelle nous sommes doit voir passer en tout et pour tout trois véhicules par jour roulant à 20km/h… « il faut mieux choisir son moment pour traverser, les gars ! »

Il fait tout noir et nous pédalons sans y voir grand chose dans des montées et des descentes, jusqu’à ce qu’une pensée me frappe : nous en sommes pile à nos 8000km !

Même si les 30 derniers ont été un calvaire, on n’en est pas peu fiers!

Exténués, nous prenons quand même une petite photo pour immortaliser l’instant, puis nous voilà au camping du DOC. Nous avons la surprise de découvrir qu’il est absolument vide, et la joie de trouver des douches chaudes et illimitées. Il n’en fallait pas moins pour retrouver un peu le moral. Et de morale, on retiendra : la prochaine fois, on ne fera pas confiance à Victor on prendra le bus.

Jour 292, jeudi 2 mai, 41km et 260m de dénivelé : La journée des grosses moules vertes

Nous nous réveillons ce jeudi en découvrant, grâce à de belles courbatures, des muscles dont nous ignorions jusqu’ici l’existence. Relativement crevés, nous prenons le temps de nous réveiller et d’explorer les environs, tout à fait charmants, de Pelorus Bridge. Nous faisons même une randonnée de deux petites heures le long d’une sympathique rivière aux eaux très claires.

Inutile de le préciser, sans doute, mais ça n’est pas Victor qui gère le GPS

Nous pédalons ensuite sur une route relativement plate et pas désagréable jusqu’à la petite ville portuaire de Havelock, qui affiche avec fierté sur de grands panneaux qu’elle est la reine des moules vertes.

Nous décidons donc de nous y arrêter pour le midi, et de nous faire un bon repas, apte à nous consoler de nos déconvenues de la veille. Mais oh, surprise, ici en Nouvelle Zélande, on ne mange pas les moules cuites en cassolettes dans leur jus, au vin blanc et persil, mais frites ! Il y a différentes sortes : moules en beignets, moules en fritures, moules dans de la chapelure, et même des moules roulées dans du bacon. Autant dire qu’on peut presque sentir nos artères se boucher au fur et à mesure des bouchées, mais comme repas régressif et rassérénant, on fait difficilement mieux.

Nous repartons ensuite en nous sentant gras et gros, ce qui ne nous empêche pas de nous arrêter un peu plus loin à un point de vue pour le goûter.

Mais c’est plus pour le point de vue que pour le chocolat

Enfin, voilà notre dernier camping du DOC, un peu gris et un peu froid, où l’on campe et dîne tout en discutant un peu avec une sympathique française voyageant un van.

Et heureusement que nous sommes les seuls campeurs, car il n’y a en tout et pour tout qu’un emplacement pour les tentes

Jour 293, vendredi 3 mai : dernière journée à vélo jusqu’à Wellington !

Ce matin, malgré la brume qui refuse de se dissiper, nous nous levons assez tôt ; nous n’avons pas vraiment le choix, car nous avons des tickets pour le ferry de 13h. C’est un trajet court qui nous attend, certes, mais doté d’un très fort dénivelé, alors autant prendre un peu d’avance.

Enfin, il y a beaucoup de dénivelé à ce que notre GPS, Osmand, nous indique. Et nous découvrons après avoir fait la moitié du trajet, qu’encore une fois, Osmand raconte n’importe quoi. Mais pour une fois, son erreur est en notre faveur, car il y a bien moins de dénivelé à grimper que ce qu’il annonce. Un peu contrariés quand même, nous le prévenons qu’à la prochaine entourloupe, il fait un vol plané dans la mer ; pas question de revivre une nouvelle fois « la journée de l’horreur » !

Dans les coins, c’est cool, ils ont mis des panneaux pour protéger les cyclistes : « laisser-leur de l’espace, n’éclatez pas leur bulle » ( « et ne leur faîtes pas de doigts d’honneur ça leur fait de la peine »)

Nous suivons donc le Queen Charlotte Drive, une belle route qui serpente le long de la mer, et découvrons les « sounds » (petits fjord) qui dentellent la côte Nord de l’île du Sud.

Nous arrivons assez rapidement en vue de Picton, dernière étape de notre périple sur l’île du Sud, où nous attend un gros ferry à destination de Wellington. A l’occasion d’une pause dans un parking surplombant le port, nous retrouvons un couple de kiwis en camping-car rencontré quelques semaines plus tôt à Gillespies Beach. Finalement, on n’est pas beaucoup plus lents à vélo !

Picton et son port

Sur la route pour le ferry, un camping-car de location nous double de si près qu’il passe à moins d’un centimètre de mes sacoches. Heureusement, il ne nous fait pas tomber « ce serait bête, alors qu’on est si près de la retraite, Jim ! » Cette fois-ci c’est le gros véhicule qui a le droit à un geste pas bien poli de la main d’un cycliste, mais c’est amplement mérité.

Comme à chaque fois que l’on doit prendre un moyen de transport avec nos vélos, c’est un peu le stress de savoir s’ils seront acceptés, et dans quelles conditions, mais là, tout se passe bien et rapidement, Wolfgang et Ruth sont fermement arrimés à côté des gros camions dans les cales du ferry.

Et c’est parti pour de nouvelles aventures!

Nous voici donc, après un magnifique mois de voyage, quittant les rives de l’île du Sud pour nous lancer à la découverte de l’île du Nord. Ce fut un sacré voyage et il fut si doux de le faire en amoureux…

« C’est bien vrai ça, ma chérie, mais tu feras gaffe, il y a un type bizarre coiffé d’un casque de vélo qui nous prend en photo »

Grâce à un temps charmant et tout à fait ensoleillé, nous faisons une belle traversée, même si le roulis nous remue un peu les entrailles.

Bye bye ô magnifique île du Sud!

Il fait presque nuit quand nous accostons à Wellington, et nous suivons, sur une petite dizaine de kilomètres, des pistes cyclables qui nous mènent au centre-ville puis à la belle maison de Robyn et Steven, accrochée sur les pentes du quartier d’Hataitai. Nous y sommes accueillis comme des petits rois, et redécouvrons avec plaisir le confort et la chaleur d’un foyer familial. On a un lit, une douche chaude, un bon repas, du vin et même du fromage français ! Quelle belle manière de conclure ce long voyage jusqu’à Wellington, au terme, en tout et pour tout, de 8077 kilomètres.

Et voici « Windy Welly » aussi appelée (mais sans doute par les kiwis) la capitale la plus cool du monde

C’est donc ainsi que se termine notre périple à vélo et le premier volet de notre voyage jusqu’en Océanie. Nous ouvrirons le second volet quelques jours plus tard, après nous être bien reposés et avoir découvert la sympathique ville de Wellington, et les tout aussi sympathiques Robyn et Steven. Ensuite, nous prendrons la direction d’Auckland pour y acheter un van, avec lequel nous sillonnerons les routes de l’île du Nord pour quelques semaines de vacances, avant de nous décider à nous installer momentanément pour travailler et renflouer nos caisses.

Tadaa !On vous présente notre nouvelle monture, 6 roues et deux tonnes de douceur sous une carapace bleu ciel. Au revoir Wolfgang et Ruth, bonjour Gros Marceau (qui doit son nom au petit Marceau, le neveu de Victor tout juste né) !

3 réflexions au sujet de « Jours 287 à 293 : Dernière étape à vélo, de Kaiteriteri à Wellington en longeant la mer »

  1. Aie, aie aie, j’en étais sûre que ça allait encore être un raccourci à la Totor…
    Bon, au moins vous vous en souviendrez de votre dernière étape et pour positiver façon Arthur au retour de leur premier grand voyage en amoureux : « Crash test réussi !!! »
    Des bisous,

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  2. Je vous admire (et vous trouve zinzins) d’avoir repris vos vélos le lendemain de la journée de l’horreur ! Vous avez bien mérité de poser vos fesses dans un van après tout ça!

    Répondre

  3. Bonjour à tous les 2 !!
    Quelle expérience whaou ça donne trop envie !!
    Je m’en vais faire un voyage semblable au vôtre et ai des petites questions pratiques à vous poser si ça ne vous dérange pas ?
    Merci beaucoup !
    Camille

    Répondre

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