Jours 257 à 265 : Premiers tours de roue en Nouvelle-Zélande, à la découverte de l’Otago dans l’île du Sud, de Queestown à Wanaka

Le 28 mars, nous voilà embarqués dans un avion qui nous permet de quitter la Thaïlande et sa brûlante saison sèche au profit du frais climat de la Nouvelle-Zélande, où nous comptons user nos pneus pour quelques mois. Nous atterrissons au Sud de l’île du Sud, à Queenstown, avec la ferme intention de remonter vers le Nord en longeant la côte Ouest du pays, la côte réputée la plus sauvage, mais aussi la plus pluvieuse… Pour nos premiers jours, nous enfilons donc nos doudounes et nous lançons à la découverte de l’Otago, cette région de Nouvelle-Zélande bosselée par les Alpes du Sud, recouverte de lacs, de forêts et de vignes, décor magistral des films du Seigneur des Anneaux, terrain de jeu pour sportifs amateurs de sensations fortes…

Jour 257, jeudi 28 mars :  « L’arrivée en Nouvelle-Zélande ou le triple choc thermique, culturel et économique »

En nous envolant ainsi d’un continent à l’autre, nous nous attendions à des changements radicaux, et nous avons en effet éprouvé trois chocs différents :  un choc culturel tout d’abord, en retrouvant le monde occidental que nous avions quitté six mois plus tôt, un choc « économique » en constatant le prix de la vie en Nouvelle-Zélande, et enfin un choc thermique, en passant de la Thaïlande et ses 40°C à l’automne néo-zélandais.

Dès notre escale en Australie, où nous devons changer d’avion, nous prenons déjà conscience d’un changement d’atmosphère, en admirant depuis les hublots de notre avion la ville de Sydney et son iconique opéra. C’est depuis un ciel sans nuages que nous nous faisons aussi une première impression de la Nouvelle-Zélande, alors que nous survolons, pour atteindre Queenstown, la magnifique chaîne de montagnes des Alpes du Sud aux pointes enneigées ; tout a l’air magnifique, mais relativement frisquet !

Une fois au sol, nous constatons avec joie que nos gros cartons contenant les vélos nous ont bien suivi et sont dans un état presque parfait de conservation. Un peu stressés par les contrôles de douanes à passer avec notre imposant chargement, nous répondons d’abord timidement à tous les douaniers qui nous interrogent. A notre grande surprise, ils sont tout à fait décontractés et sympathiques et le département du bio-contrôle nous fait confiance sur la base de nos déclarations concernant les vélos. Ses employés ne nous demandent pas d’ouvrir les cartons pour vérifier que les vélos ont bien été nettoyés mais inspectent minutieusement nos chaussures de randonnée et notre tente, que nous avons au préalable nettoyés. Ils veulent ainsi vérifier que nous n’avons pas ramené, dans des résidus de boue par exemple, des graines ou des maladies risquant d’affecter le fragile écosystème local.

Alors que nous nous attendions à devoir déballer toutes nos affaires pendant plusieurs heures, la procédure nous prend à peine trente minutes, tout comme pour nos voisins de file qui pourtant trimballent un sacré arsenal de chasse. Et hop, nous voilà dehors !

A notre grande surprise, le choc thermique que nous redoutions ne vient pas : il fait un temps magnifique, un ciel bleu avec un grand soleil qui nous réchauffe assez pour nous encourager à nous remettre en short et en tee-shirt.

Même depuis l’aéroport le paysage nous plaît déjà

Et nous voilà partis à remonter nos vélos en pièces détachées, longue besogne qui nous prendra quand même quatre heures…

Y’a du boulot
Mais avec un peu de patience, on finit par y arriver

Alors que le soir tombe, nous pouvons enfin faire les quelques kilomètres qui nous séparent du centre-ville de Queenstown et de notre auberge de jeunesse, sur un petit chemin de gravier qui longe le lac de Wakatipu. Quand le soleil disparaît derrière les montagnes, nous devons rapidement nous rhabiller, quitte à enfiler les unes sur les autres toutes les couches de vêtements chauds qui jusqu’ici hibernaient dans nos sacoches, car voici le choc thermique. Nous avions oublié qu’il pouvait y avoir un écart de températures entre le jour et la nuit, et celui-là est violent !

Arrivés à l’auberge de jeunesse, voilà le choc économique : nous payons pour une chambre un peu miteuse en auberge de jeunesse autant que pour une dizaine de nuits dans une guesthouse laotienne ! Ouïlle. Et ce n’est pas fini car, sans victuailles à une heure un peu tardive, nous sortons chercher de quoi nous restaurer et ne trouvons rien d’abordable ! Queenstown est une ville très touristique et relativement chère, qui ne fait pas vraiment dans le boui-boui. En désespoir de cause, nous échouons dans une enseigne pourtant honnie par Victor, Mac Donald, mais qui a l’avantage de n’être ni trop chère et ni trop bondée. Il va falloir vite changer nos réflexes de vacanciers d’Asie du Sud-Est, et passer du combo hôtel/restaurant à celui du camping/popotte maison !

Jour 258, vendredi 29 mars : « à l’assaut du Ben Lomond Summit »

Le lendemain, et afin de profiter d’une magnifique première journée en Nouvelle-Zélande tout en se dégourdissant les jambes, nous décidons d’aller randonner. Au programme, l’ascension du Mont Ben Lomond, 7h de marche et 1400m de dénivelé, une randonnée qualifiée de « demanding » par l’office du tourisme. Pour ma part, je trouve que cela fait un peu beaucoup pour une reprise, et je crains que cela ne nous casse les jambes, mais Victor insiste : les paysages sont réputés magnifiques.

Après avoir fait quelques courses pour un pique-nique, et subit un nouveau choc économique en voyant les prix du supermarché, nous voilà donc en chemin pour le Ben Lomond. La première partie de l’ascension est plutôt raide, puisque l’on monte tout droit dans une jolie forêt de pins, qui nous rappelle un peu les paysages de montagne français. Ces pins ont d’ailleurs été importés en Nouvelle-Zélande pour des raisons esthétiques ainsi que pour l’exploitation de leur bois, mais ils sont aujourd’hui considérés comme des espèces nuisibles.  Appelés « wildlings » ou « pest », ils prennent le pas sur les espèces arboricoles endémiques, la « beech forest », et acidifient les sols ; il existe donc des programmes d’éradications de forêts entières de pins, et le randonneur est appelé à filer un coup de main en arrachant lui-même les petites pousses qu’il voit le long du chemin.

Les pins coupables en question
La forêt des wildlings en cours d’éradication (a priori en leur refilant une maladie)

Un peu plus haut, nous sortons de la forêt de pins et nous nous retrouvons dans la fameuse « beech forest », des arbustes et des herbes hautes ocres qui donnent au randonneur la sensation d’évoluer en haute montagne.

La dernière demi-heure de montée est particulièrement épuisante, et nous comprenons mieux les notations de difficulté de la randonnée à la néo-zélandais : pour grimper tout en haut du Ben Lomond, ça demanding bien du courage !

On pardonne cependant tout au dénivelé en découvrant la vue sur le lac Wakatipu depuis le sommet
Et là mais, oh, que voit-on?
C’est le Cecil’s peak! C’est gentil d’avoir pensé à moi!

Notre pique-nique, dans un cadre plutôt sympathique, nous permet de joyeuses retrouvailles avec l’association jambon, fromage et pain, qui nous avait finalement manqué depuis huit mois.

Z’ai les papilles qui frétillent d’allégreffe!
Et il y a pire endroit pour déjeuner ou faire une sieste!

Pour un palais français sensible, ça n’est probablement pas le meilleur fromage ou le meilleur pain qui soit, mais pour nous qui avons été sevrés pendant de longs mois, c’est un régal !

En redescendant, nous sommes accompagnés par des Kéa, ces jolis perroquets pas farouches

Jour 259, samedi 30 mars, 29km et 369m de dénivelé : « premiers tours de roue en Nouvelle-Zélande, en route pour Arrowtown »

Aujourd’hui, il est déjà temps de quitter Queenstown et de nous en aller parcourir la région de l’Otago en direction des petites villes d’Arrowtown puis de Wanaka. De là, nous rejoindrons la côte Ouest de l’île, la West Coast comme on dit ici, que nous remontrons tranquillement jusqu’au Nord de l’île et la ville de Nelson.

Comme ceci

C’est un beau projet, cependant, alors que nous récupérons nos montures déposées chez un vélociste pour une petite révision, un vendeur français nous prévient : la seule et unique route de la West Coast, que nous voulions emprunter, est coupée. Une nuit de pluies diluviennes quelques jours plus tôt a fini par emporter un pont au niveau du glacier de Franz Josef, et l’on ne peut plus passer !

Nous voilà donc bien embêtés, et nous réfléchissons à un autre itinéraire, avant de réaliser, en bons cyclos, qu’il s’agit moins d’un problème que d’une aubaine. Parce que si la route est coupée, cela signifie qu’elle sera presque déserte, et on ne peut rêver mieux pour pédaler. De plus, nous avons environ une semaine de route jusqu’au glacier Franz Josef, c’est-à-dire tout le temps de trouver une solution pour passer d’une rive à l’autre. Un autre moyen de traverser sera sans doute en place (hélicoptère, bateau, tyrolienne ?) et il se peut même, après tout, que le pont soit réparé. Quand nous nous renseignons, les avis diffèrent : pour les uns c’est l’affaire de quelques jours, pour les autres, d’un mois minimum. Nous verrons bien !

Petite photo du grand départ
Avec un compteur de vitesse presque comme neuf!

Après quelques courses, et l’achat très visionnaire de polaires douces et légères, nous quittons Queenstown pour une petite étape, en direction de la tranquille ville d’Arrowtown. Mais horreur, que se passe-t-il, les vélos pèsent une tonne ! Et nos cuisses semblent toutes engourdies ! Comme je l’avais prédit, car j’ai toujours fatalement raison, notre randonnée de la veille nous a cassé les pattes, et rend bien difficile l’ascension de nos premières côtes. Parce que la Nouvelle-Zélande, au contraire du Cambodge où nous avons pédalé nos dernières étapes, ça n’est pas tout plat… Il est grand temps que nous reprenions de la masse musculaire, mais en attendant, nous souffrons un peu, et surtout, nous devons descendre et pousser nos vélos dans les montées les plus ardues.

Il faut dire que nous avons choisi de prendre des alternatives aux routes goudronnées, que l’on appelle « gravel roads » ici, ou routes de gravier, et nous découvrons qu’elles sont en fait plus adaptées aux VTT. Et encore, on en voit des qui poussent aussi !

Par contre, et comme pour se faire pardonner, le paysage est plutôt joli, avec ses chaudes couleurs dorées de l’automne, et nous voyons nos premiers moutons néo-zélandais, regroupés en grands troupeaux dans de petits champs. Nous découvrons avec une certaine surprise que les prairies sont également occupées par des biches et des cerfs, qui nous alertent par leurs longs et bruyants brames. Nous apprendrons plus tard, mais je vous le dis maintenant comme ça c’est fait, que les fermiers ont tendance à en élever de plus en plus car leur élevage est plus rémunérateur que celui des moutons, même si, en revanche, il pollue aussi bien davantage.

Nous arrivons ensuite dans les alentours d’Arrowtown, qui pourraient avoir inspiré les paysages de la Comté (le pays des hobbits du Seigneur des Anneaux) à Tolkien tant tout y est à la fois propret et croquignolet. Nous qui nous imaginions trouver des villes et villages à l’ambiance Farwest américain, nous avons plutôt l’impression d’être dans un petit coin bourgeois d’Angleterre.

Nous arrivons à Arrowtown et découvrons que les campings néo-zélandais (qu’ils appellent holiday park) sont certes chers mais bien équipés, avec une cuisine intérieure et parfois même un salon, ce qui est pratique, quand, comme nous, on veut camper en automne. Nous installons d’ailleurs notre tente et faisons notre popote pour le repas du soir avec un certain plaisir : c’est assez sympa de pouvoir bivouaquer avec un accès à l’eau et sans avoir à se cacher, nous l’avions un peu oublié… On s’endort ensuite très vite malgré le froid : ces trente kilomètres à peine nous ont exténués.

Jour 260, dimanche 31 mars, 60km et 832m de dénivelé : Sur la Crown Range Road jusqu’à Albert Town, ou la redécouverte du dénivelé

Alors que nous dormons chaudement emmitouflés dans nos duvets, nous sommes réveillés en pleine nuit par le bruit d’une sirène d’alarme qui retentit quelques minutes. Comme nous sommes en Nouvelle-Zélande, pays quand même relativement connu pour ses forts tremblements de terre, il y a lieu de s’inquiéter un peu. Pourtant, quand nous sortons la tête de notre tente, personne ne crie, ne panique ou ne court dans tous les sens en clamant que c’est la fin du monde… Au contraire, le camping est calme et il n’y a pas un chat dehors. Faisant confiance aux néo-zélandais pour réagir en cas de menace, nous nous rendormons nous aussi, tout en nous interrogeant sur le mystère de la sirène nocturne. Nous apprendrons le lendemain que c’est probablement simplement la sirène de pompiers de la caserne voisine, qui retentit quand ils partent en intervention : c’est sympa pour les campeurs !

Au petit matin, nous allons visiter le centre du village d’Arrowtown, ce qui ne prend pas très longtemps sachant qu’il se compose en tout et pour tout d’une seule rue, encadrée de maisons de bois blanches qui lui donne un air de Farwest, en version proprette et bien tenue. Nous passons aussi près de la rivière d’Arrowtown, où l’on nous a dit qu’ont été tournées des scènes du Seigneur des Anneaux : la trouvaille de l’anneau dans la scène d’ouverture d’un des films (mais on n’est pas assez connaisseurs pour dire lequel) ainsi que la scène où l’elfe Arwen rentre dans le royaume de Fondcombe et utilise la rivière pour noyer les nazguls (en fait je m’y connais quand même un peu !)

Une très mauvaise imitation de Gollum trouvant l’anneau dans l’Arrow river

Après ces rapides visites touristiques, au cours desquelles nous nous arrêtons pour regonfler la roue du tricycle d’un petit kiwi (c’est comme ça qu’on appelle les néo-zélandais, probablement parce qu’ils sont tout poilus à l’extérieur et verts à l’intérieur), nous empruntons d’abord la Tobbin’s Track pour aller jusqu’à Albert Town, une petite ville près de Wanaka où Victor a repéré un camping pas trop cher.

Et malheureusement, la Tobbin’s Track, c’est encore une « gravel road » bien plus adaptée aux VTTistes ou randonneurs qu’aux cyclotouristes. A peine avons-nous fait un kilomètre qu’il nous faut descendre pour pousser.

Petite vue sur Arrowtown, où toutes les maisons sont de plein pied

Nous trouvons donc le temps un peu long jusqu’au sommet, surtout qu’il nous faut nous arrêter souvent pour reprendre notre souffle ou répondre aux salutations des néo-zélandais qui font leur petite balade dominicale. Fort accent oblige, nous ne comprenons pas toujours tout à ce que ces sympathiques kiwis nous gazouillent, mais on se doute bien que c’est quelque chose comme : « ça monte, hein ? » ou de gentils encouragements.

Et on pousse encore un peu!

Arrivés en haut, nous pouvons nous remettre de nos émotions en faisant un bon petit pique-nique tout en admirant le paysage, puis il nous faut repartir car il nous reste encore un col à passer et 60km à faire.

Nous pédalons donc encore un peu sur un chemin de gravier un peu plus plat, avant d’emprunter la très connue « Crown Range road », une des routes les plus jolies de l’île du Sud, très « scenic » comme on dit ici. Pour rester sur le thème du Seigneur des anneaux, elle nous entraine dans les paysages qui ont servi de décor à la « Terre du Milieu ».

Et oui, oui, c’est bien joli, mais qu’est-ce que ça monte ! Pour nos pauvres cuisses déjà cassées par la journée de la veille et la randonnée de l’avant-veille, c’est une torture, et nous passons un temps incroyablement long à pédaler ou pousser nos vélos vers le col de Crown Range. Malgré le beau panorama, la route n’est pas très agréable puisqu’elle est tellement raide qu’il faut souvent nous mettre à deux pour pousser nos vélos ; Victor tient d’ailleurs à être crédité de 100 à 200m de dénivelé en plus sur cette étape, pour toutes les fois où il est redescendu m’aider à tracter Wolfgang.

Le côté désagréable tient aussi au fait que la route est très empruntée, et nous sommes sans arrêt doublés par des vans, camping-cars et 4X4, mais aucun ne s’arrête, contrairement à mes rêves les plus fous, pour nous proposer gentiment de nous déposer en haut du col. « Vous allez à Wanaka ? Mais moi aussi dîtes donc ! Et ça tombe bien j’ai une camionnette toute vide où on peut mettre vos deux vélos, du chauffage et du chocolat aux noisettes ». Ah, si seulement !

Lors d’un arrêt sur un point de vue, nous croisons un cyclotouriste canadien qui nous rassure un peu en nous indiquant que notre calvaire est bientôt terminé. Alors on pousse, on tire, on râle, on grogne et enfin, nous voilà au sommet. Personnellement, et pour la première fois du voyage, j’ai bien cru ne pas y arriver ; ah qu’ils sont durs, ces premiers dénivelés néo-zélandais… Dire qu’il n’y a pas si longtemps nous grimpions nos 1000 mètres de montagne laotienne en papotant !

Crown Range m’a tué!
On admire le paysage 5 minutes…
… Et on s’équipe parce qu’il faut déjà redescendre!

En principe, quand on a gravi un col, on a droit à la récompense d’une longue et reposante descente. En principe, mais pas aujourd’hui. De l’autre côté du col, un vent à décorner les béliers s’est mis à souffler, nous obligeant à pédaler même en descente. Arrivés sur du plat, il nous faut dépenser encore beaucoup d’énergie simplement pour contrer le vent, à une allure qui frise le ridicule. De longue la journée devient donc très longue et nous avons à peine la force d’admirer le paysage.

On remarque quand même des choses étranges comme cette devanture d’un ranch toute décorée de soutien-gorges…
Les dessous féminins sont accompagnés d’un prénom et d’une date, probablement celle de l’assassinat de leur propriétaire par le psychopathe collectionneur… Mais que fait la police?
Sur une note plus légère, les champs sont pleins de mignons lapins qui gambadent paisiblement

Dans ces conditions et alors que la nuit tombe, apportant avec elle fraîcheur et humidité, les seules choses qui nous permettent de garder un peu le moral sont la perspective d’un bon repas et d’une longue douche chaude. Mais la Nouvelle-Zélande nous réserve encore une petite surprise : la plupart des campings basiques (qui ne sont pas des holiday park comme à Arrowtown mais des campsite à 8 ou 10 dollars la nuit) n’ont pas de douches, ni d’eau chaude, ni d’eau potable, ni même d’électricité. Il vaut mieux être au courant, car un cyclotouriste privé de sa douche, surtout après une journée comme la nôtre, est un cyclotouriste rochon.

Dans ce site d’Albert Town en plus, toutes les toilettes sont bouchées… En d’autres termes, on est un peu plus proches du parking que du camping, comme je le fais remarquer par un petit mot bien grinçant glissé dans la boîte aux lettres recueillant le paiement des campeurs.

Nous voilà donc à planter la tente en grelottant dans le vent froid qui ne faiblit pas, à manger rapidement à la lumière de nos lampes torches avant de nous coucher pour échapper à la pluie qui se met à tomber… Il y a des jours comme ça, qu’on appelle des jours sans.

Jour 261 et 262, 16km et 87m de dénivelé : « petite pause bien méritée à Wanaka »

Le lendemain, lundi 1er avril, nous sommes gentiment réveillés à 7h30 par le Ranger venu relever les paiements des campeurs, et qui n’a pas vu la petite étiquette que nous avons attaché à notre tente et qui prouve que nous sommes bien en règle. Ayant décidément une sérieuse dent contre ce camping, nous plions notre tente pour déménager à quelques kilomètres de là, dans le – vrai – camping de Wanaka.

Pour nous y rendre, nous suivons une très agréable piste longeant le lac de Wanaka, qui se prend pour une mer avec ses grosses vagues.

Nous retrouvons avec plaisir au Holiday Park de Wanaka des infrastructures de camping plus développées : douches, eau potable, cuisine commune aménagée, blanchisserie, salle multimédia… Et même de super jeux pour les enfants !

Ouiiiiii, un trampoline!

Nous y rencontrons un cyclotouriste autrichien très sympa, Phil, qui pédale en Nouvelle-Zélande depuis un mois et qui nous donne plein de conseils pour la suite de notre voyage. Il y aussi, chose rare, une cyclo qui voyage seule à vélo, mais cette dernière nous snobe tous, et nous ne saurons donc pas quelle est son histoire…

Nous nous sentons assez bien à Wanaka pour y faire notre pause, ce qui nous permet de récupérer, d’alimenter le blog (dont on peine à rattraper le retard !) mais aussi de découvrir un peu plus la Nouvelle-Zélande. Nous nous apercevons ainsi que l’itinérance en van ou en camping-car est LA manière de faire du tourisme et que ces gros véhicules représentent plus des deux tiers de la circulation automobile… Nous qui pensions faire les originaux en nous achetant un van dans quelques mois pour passer l’hiver, nous n’y étions pas du tout. Dans ces vans ou camping-cars, on voit des touristes de tous horizons, mais notamment des chinois, qui viennent en famille ou entre amis plutôt qu’en groupes organisés pour découvrir la Nouvelle-Zélande. Le soir au camping, ils se font souvent des grandes motivations niveau cuisine, et c’est assez rigolo de les voir manger leur entrecôte avec des baguettes. Cela nous rappelle un peu nos propres déboires en Chine quand il nous a fallu nous passer des couverts et tout manger avec des baguettes.

La sirène de Wanaka

Nous découvrons aussi en voulant boire une bière dans un bar qu’il est obligatoire de présenter son passeport pour prouver son âge, même à trente ans ou presque, et nous ne devons qu’à la vélocité de Victor, qui fait l’aller-retour presque en volant jusqu’au camping, de pouvoir profiter de l’happy-hour et de très bonnes bières locales.

Petit making-off de la photo de la sirène de Wanaka

Malgré ces mœurs étranges et ces dénivelés un peu raides , nous dressons un bilan plutôt positif de nos premiers jours dans ce nouveau pays, et avons hâte de nous en aller découvrir la West Coast sauvage.

4 réflexions au sujet de « Jours 257 à 265 : Premiers tours de roue en Nouvelle-Zélande, à la découverte de l’Otago dans l’île du Sud, de Queestown à Wanaka »

  1. Changement d’ambiance! belles photos! Vous pensez rester un long moment en Nouvelle Zélande (par rapport au van) ?
    Alexis n’est pas loin de vous en ce moment! (Adélaïde)

    Répondre

    1. Hé oui, le plus gros dépaysement du voyage finalement ! On pense effectivement passer un petit bout de temps ici, c’est pas tous les jours qu’on peut se rendre à l’autre bout du globe, surtout quand on met presque 9 mois pour y arriver! Il ne faut donc pas s’attendre à voir nos petites bouilles (re)débarquer en juillet à Strasbourg comme c’était initialement prévu… 😉

      Répondre

  2. Je vous ai trouvés particulièrement inspirés en terme de mise en scène photo tout au long de cet article , pour mon plus grand plaisir 🙂

    Des bisous les loulous!

    Répondre

    1. Les photographes et modèles apprécient le compliment. On espère t’avoir fait bien rire. 😀

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

I accept that my given data and my IP address is sent to a server in the USA only for the purpose of spam prevention through the Akismet program.More information on Akismet and GDPR.