Jours 36 à 40 : Break en break sur les îles estoniennes

Après Riga, nous abandonnons Camille qui reprend sa route en solitaire, pour aller vers le Nord Ouest et les îles estoniennes de Saaremaa et Hiiuma : il y fait bon vivre, nous dit-on ! Comme on ne fait pas de vélo, on ne fera pas non plus de récit de voyage de ces quelques jours, mais nous avons tenu à dire quelques mots sur ces îles et sur les vacances en Estonie en général.

Quitter la Lettonie pour l’Estonie en voiture

Tout d’abord, on débite nos vélos en tout petits morceaux pour embarquer dans le break loués par les parents:

Grâce à d’indiscutables qualités de rangement de Victor et Christian: ça loge tout dans la voiture! Mais nous, on se met où?

Et puis, nous passons la frontière. Cette fois-ci, c’est en voiture (sans que cela soit beaucoup plus confortable qu’à vélo, rapport au sur-chargement dudit véhicule) et en famille:

Et on jette un coup d’œil à la plage de Parnü, qui est apparemment LA cité balnéaire… Mais elle est un peu désertée, en raison d’un temps relativement venteux sans doute. Les quelques reliefs d’une fête nous montrent que la ville a dû être plus animée le weekend, mais nous avons l’impression que sinon, les vacances des estoniens sont déjà terminées.

ça a l’air d’un exercice un peu dangereux avec ce vent!

Les îles de Saaremaa et Hiiuma

Alors ces îles estoniennes, elles sont comment? Hé bien, vous voyez la représentation de l’île avec son sable, son soleil et son cocotier? Ben c’est pas ça. Non, non, ce sont plutôt des îles plates (le point culminant de l’Estonie s’élève à 300m, et ce n’est pas sur une des îles), recouvertes de forêts, et au bord de mer un peu agité. Elles ont la gentillesse de nous offrir une palette la plus complète possible des différentes météos que l’on peut rencontrer: pluie diluvienne (heureusement qu’on ne pédale pas), vent à décorner les boeufs (heureusement qu’on ne pédale pas) et beau soleil sur ciel bleu (et là, on monte tous les quatre sur des vélos).

Pour apporter quelques précisions, notons ici que:

Les maisons y sont très croquignolettes: de petites baraques et pierres ou de bois coiffées d’un toit de chaume. Pour peu, on se croirait dans le village d’Obélix et Astérix:

Un village de pêcheurs à Muhu
Notre modeste pied à terre sur l’île de Saaremaa
Les parents se tâtent à en faire leur petite datcha de vacances post retraite

Les bords de mer sont assez sauvages et agités par les vents, ce qui donne une envie de se baigner relativement moyenne:

A 150 mètres de notre croquignolette maison, la mer derrière les roseaux, tout simplement

Cette envie de se baigner est d’autant moyenne que les plaisirs les plus simples, et qui pourraient compenser la fraîcheur de l’eau, sont interdits:

Tous les panneaux ne semblent cependant pas être sur la même longueur d’onde :

Mais qui se panneau vise t-il donc?

Les Estoniens adorent les constructions en hauteur, est-ce pour compenser l’absence quasi-totale de dénivelé de leur île, ou en hommage à leur grande taille? Nous n’en savons rien, toujours est-il qu’ils aiment bien les phares, qui sont toujours curieusement placés assez loin du rivage, parfois en pleine forêt… (mais il faut dire pour leur défense que les îles prennent 3mm de hauteur chaque année donc les phares ont peut être un jour été au bord de l’eau)

Oh tiens, mais c’est que c’est le troisième plus vieux phare au monde encore en activité !
A l’intérieur, c’est pas bien large. Pauvre petit bougre que celui qui devait monter le bois pour alimenter le feu…

Dans la catégorie constructions en hauteur pas particulièrement utiles, il y a aussi les tours d’observations. Il y en a partout partout, mais la plupart du temps, nous restons indécis sur ce qu’il y a à observer en haut…

Leurs balançoires sont aussi bien plus grandes que les nôtres, on ne s’y assied pas bêtement comme des feignants, mais il faut rester debout, et essayer de faire un tour complet. C’est un sport qui s’appelle le Kiir, et les champions du monde de la discipline font un tour complet avec une balançoire de 7m de haut!

Les pistes cyclables sont contrastées : Eurovélo 10 et 11 (et parfois même 13)

Comme l’indique le titre de notre article, nous n’avons pas fait énormément de vélo en Lettonie puis sur la côte estonienne. Nous nous sommes quand même intéressés à la question. Sur les îles, où nous avons un peu roulé avec les parents, pas de problèmes: la piste est bien indiquée, les vélos sont respectés par les voitures, qui sont elles-même très rares, et les routes goudronnées.

La route du bout du monde

 

Enfin, elles sont goudronnées jusqu’à ce que Victor propose un raccourci! Et là, quand on ne peut plus ni reculer ni avancer, ni aller à droite ou à gauche, que fait-on pour ne pas mouiller ses chaussures?
Cécile sur la ligne de départ pour accéder au ferry en premier !

Par contre, avant les îles, nous déconseillons à qui voudrait la prendre la partie de l’Euro vélo entre Riga et Parnü, car c’est une route très chargée qui longe le littoral. Les lettons ont en outre beaucoup d’imagination : ils ont inventé une troisième voie qui leur sert à doubler, dans un sens comme dans l’autre, entre les deux voies existantes. Pour se faire, il suffit aux véhicules qui sont doublés de se décaler sur le bas côté, et où sont les cyclistes à votre avis? Bref entre ça et le flux continu des voitures et poids lourds, ça a l’air horrible, pensons-nous depuis les sièges confortables de notre break, et les visages dépités des nombreux cyclotourismes que nous voyons, un peu coincés dans cette galère semblent confirmer notre ressenti.

Les insulaires estoniens ne sont pas les plus sympathiques personnages. On l’a déjà dit plus haut, les gens des pays baltes manquent un peu de chaleur: à Saaremma, cette froideur prend clairement une tournure antipathique. Évidemment, elle ne caractérise pas tous les estoniens, mais sur l’île, elle est assez récurrente pour représenter un désagrément quotidien. Comment se traduit-elle? Oh, des petits riens, des vendeurs qui ne regardent pas dans les yeux et lèvent les yeux au ciel dès qu’on ne les comprends pas, des serveurs qui se détournent ou vous ignorent pour ne pas avoir à vous parler… Et la cerise sur le gâteau: le serveur du moulin de Kuressaare. Pour les intéressés, je narre l’anecdote ci-dessous en fin d’article* tellement elle nous a semblé incroyable (et irritante). C’est un peu long, mais il faut conjurer le traumatisme.

Nous y sommes pourtant entrés avec tant d’insouciance et de joie de vivre

*La petite anecdote

Nous allons au restaurant, galamment invités par Victor grâce à une bourse de l’institut Bailly. Le serveur nous reçoit comme un serveur estonien: « prenez les menus et débrouillez-vous pour vous trouver une table ». Jusqu’ici, rien à dire car rien de bien nouveau, mais il nous rejoint au bout de 2minutes12 pour nous demander ce que nous voulons, alors que nous avons à peine commencé à décrypter le menu. Sur un ton mi-agressif, mi-méprisant, il nous enguirlande presque mais s’en va. Il revient trois minutes après mais cette fois-ci nous sommes prêts, sauf Nicole, qui finit par décider de ne pas prendre d’apéro (!) devant l’air agressif de ce sinistre serveur, une espèce de trentenaire blondasse à petit moustache.  Il apporte les entrées, fort bonnes, puis deux plats, à peine quelques minutes après. C’est un peu embêtant d’avoir toutes ces assiettes sur la table, et le plat de résistance alors qu’on mange l’entrée, mais on fait un peu de place en s’excusant d’être si lents. Ceci n’empêche pas à ce serveur, toujours avec son ton agressif et son air méprisant, de nous amener les deux autres assiettes, alors qu’il a vu que nous n’avons pas de place. Et là, c’est carrément l’embouteillage sur la table : « et on les met où les assiettes, crétin, sur nos genoux? ». J’écris ça mais nous ne disons rien, de peur sans doutes qu’il accepte la proposition. MAIS LE PIRE EST A VENIR : il vient débarrasser les plats, et alors que j’ai encore la fourchette à la main pour manger mon poisson fumé, il commence à desservir mon assiette! Là c’est en trop, je m’y accroche et rouge de colère et d’indignation face à ce sacrilège ultime, je lui indique que je n’ai pas fini en en oubliant mon anglais sous l’effet du choc (ça doit donner quelque chose comme « Moi pas fini, moi manger assiette! »). Sans s’excuser, il finit quand même par lâcher l’objet du délit, l’air de dire « j’ai bien vu que vous piquiez de la nourriture avec votre fourchette et que vous l’ameniez à votre bouche, mais de là à imaginer que vous mangiez encore, grosse gourmande ! » Bref, incroyable, nous partons bien dégoûtés et avec des envies de meurtre (et je prends un malin plaisir à rédiger mon premier mail de réclamation à un restaurant yek yek yek).

5 réflexions au sujet de « Jours 36 à 40 : Break en break sur les îles estoniennes »

  1. Hâte de lire vos impressions sur Tallinn dont j’ai entendu beaucoup de bien ! J’y ferai bien au saut.. Profitez bien!

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    1. Ah il ne faut pas éviter, c’est super Tallinn! On a mis un petit article en ligne dessus, on a vraiment apprécié la ville, ses ruelles, son ambiance!

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  2. Après « Riga la rigalote » voici le « break en break »… On ne vous arrête plus.

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