Jour 18 à 20 : de Jelenia Gora à Worclaw, voyage en Silésie

Jour 18 : 1er août  : Au revoir Jelenia et les montagnes, bonjour la plaine, 88kms, 607m de dénivelé

Nous quittons Piotr et notre petit coin de pelouse, par plusieurs aspects (comme aller aux toilettes) pas très pratique, alors que le soleil rend déjà toute exposition supérieure à une minute trente insupportable. Ce qui n’empêche pas Victor de mettre un temps fou à régler son appareil photo pour une photo de groupe avec notre warmshower.

Après cela, nous pédalons sur des routes ombragées et peu empruntées pendant un sympathique moment, et nous passons même, un peu par hasard, devant un palace, dont notre hôte nous a beaucoup parlé (mais après Karlovy Vary, on est difficilement impressionnés).

C’est l’occasion d’une petite pause, puis nous continuons notre promenade sur les petites routes polonaises, qui alternent montées et descentes sans que ni les unes ni les autres ne soient trop longues.

Le paysage est plutôt sympathique

Les panneaux routiers et les boîtes aux lettres suscitent notre curiosité

Ça grimpe pas mal puisque nous remontons la Bobr, nous faisons les courses, tout se passe bien jusqu’à ce que Victor décide que  « ce soir c’est purée », et achète un litre de lait pour en avoir les 25cl nécessaires à la cuisson. Mon porte bagage, surchargé, rend définitivement l’âme. J’exagère un peu (mais ce litre de lait fut l’objet d’un gros débat sur le gaspillage et le sur-chargement) mais, malgré un bricolage à base de zip pour le maintenir en place, le porte bagage est définitivement cassé et la soudure droite cède à son tour. C’est un peu enquiquinant, je dois m’arrêter presque tous les deux kilomètres pour le remonter, puisque nous sommes encore sur des routes de terre et de cailloux qui font beaucoup vibrer nos vélos et leurs sacoches. Comme s’il avait décidé d’ajouter à notre agacement, le paysage change et devient plat ; nous avons l’impression de retrouver les champs interminables de blé que nous avions quitté en République Tchèque. Après une rencontre assez marrante avec des polonais qui ne veulent pas croire que nous venons de France, et qui parlent plus vite et plus longtemps à chaque fois que nous leur disons que nous ne les comprenons pas, nous trouvons un lac sur les rives duquel nous décidons de bivouaquer. Il n’est pas désagréable mais il y a un peu de passage et les moustiques attaquent en bande, nous nous cachons donc dans un champ, pour une nuit qui n’est pas des plus confortables.

Si quelqu’un se le demande, je précise que la purée fut très bonne, et que Victor but ce jour-là une bouteille de lait presque entière à lui tout seul, ce qui, à ses dires, lui rappela la petite enfance.

Jour 19, 2 août : La belle Wroclaw et ses nuits animées, 63,2 kms et 106 mètres de dénivelé

Je me réveille particulièrement tôt cette nuit-là : à la suite d’un cauchemar, je découvre à deux heures du matin une grosse tique le long de ma hanche. J’hésite un peu, mais je n’ose pas réveiller Victor pour qu’il me l’enlève. Même si j’ai très envie de m’en débarrasser, je ne suis pas sûre qu’il ait très envie de jouer les infirmiers à cette heure indigne. A 6h30 tout pile quand le réveil sonne, il se retrouve avec un tire tique dans les mains, et extrait la plus énorme tique qu’il nous ait été donné de voir, toute gonflée de sang (mini tiques alsaciennes, vous pouvez aller vous rhabiller).

Nous ne nous attardons pas dans ce coin de lac maudit, infesté de tiques et de moustiques, et nous prenons la route, car Wroclaw n’est plus très loin. Enfin, comme d’habitude, la ville est quand même plus loin que dans nos pronostics, et nous ferons un peu plus de 60kms au lieu des 40 envisagés. Pour parler franc : il fait chaud, c’est plat, c’est chiant, nous abandonnons définitivement l’usage du porte bagage avant de mon vélo, ce qui fait qu’en plus c’est lourd (surtout pour Victor qui récupère les victuailles) … jusqu’à ce que nous arrivions à Wroclaw. Ne vous avisez pas à prononcer ça « vroclav » comme des malappris, en fait, ça sonne un peu plus comme « Wroutchlovf ». La langue polonaise nous donne du fil à retordre, à part pour dire merci, qui se prononce presque mot pour mot « jeune couillon » et qui nous tire un sourire stupide à chaque fois.

Attention, voilà le tram, groink groink!

Nous trouvons plutôt facilement un porte bagage avant dans un grand magasin de vélo, et les vendeurs ont la gentillesse de l’installer gratuitement ; maintenant je suis équipée polonais, avec la marque Crosso (qui fait, nous dit-on, de très bonnes et peu chères sacoches en cordura aptes à concurrencer Ortlieb). Nous avons un peu le temps de passer au centre-ville et à la gare de Wroclaw avant de nous rendre chez notre warmshower du soir, Radeck. Celui-ci est assez pressé ce soir-là : il a yoga. Après nous avoir présenté son gentil chien, il nous laisse donc son appartement qui est IMPECCABLE, et j’insiste là-dessus tant cela nous impressionne. Nous prenons une douche particulièrement bénéfique, puis nous mangeons. Victor s’étonne d’une telle propreté, qui confine pour lui à de la maniaquerie. Pour ne rien déranger, il se met à faire le ménage derrière chaque chose que nous utilisons, douche, lavabo, cuisine, pour tout maintenir en l’état. Il fait le ménage en se mettant dans la tête d’un obsessionnel de la propreté pour imiter ce qu’il ferait, ce qui témoigne à mon sens d’un premier degré de maniaquerie.

Bref, après le ménage, nous faisons 15 kilomètres supplémentaires aller-retour (mais non compris dans le décompte kilométrique) pour aller voir le centre-ville, que nous découvrons très sympathique et animé. Il est constitué d’un ensemble de bâtiments aux influences allemandes susceptibles de rappeler Regensbourg, de grands bâtiments de style gothique mais aussi de constructions plus modernes. Tout se combine harmonieusement pour présenter un ensemble agréable et parsemé de nombreux canaux, et l’ambiance festive et estivale de la ville finit de nous séduire.

Jour 20, 3 août : Visite de Wroclaw et départ pour Varsovie

Après Wroclaw de nuit qui nous a déjà beaucoup plu, nous allons découvrir Wroclaw de jour. Mais d’abord nous petit-déjeunons avec Radeck, qui nous prépare un smoothie plein de vitamines. Alors qu’il nous avait paru un peu taciturne et fuyant la veille, il se révèle un hôte tout à fait charmant ce matin. Nous discutons un peu, puis harnachons nos vélos pour une balade au centre-ville. Comme la veille, nous ne manquons pas de remarquer que la ville compte un nombre incroyable de parcs, tous aussi tranquilles les uns que les autres, et dans lesquels Victor aperçoit même un renard. Nous pouvons faire les sept kilomètres depuis chez Radeck au centre-ville presque uniquement en passant par ses parcs, ce qui est bien agréable, puisque, encore une fois, la canicule est là.

Cette immense fontaine non loin de ces immenses dômes offre un agréable rafraichissement

Cette ville très verte, comme hier, nous séduit, par ses grandes allées bordées d’arbres, son architecture contrastée et la manière dont elle se construit autour du fleuve. Nous remarquons un nombre incroyables d’endroits très tranquilles, où il fait bon chiller ou boire un verre.

Wroclaw a une histoire très particulière, puisqu’elle a longtemps été allemande à la suite de l’annexion de la Silésie par l’Allemagne puis par la Prusse. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, elle s’appelait d’ailleurs Breslau (et Ratislavie en français). A l’issue de la guerre, la ville est redevenue polonaise, les allemands ont été expulsés et remplacés par des polonais eux-mêmes issus d’une ville aujourd’hui située en Ukraine, Lwow (hé oui, c’est compliqué ces histoires de frontières).

Ci dessous: la grande place de Wroclaw et ses bars pour le moins bien décorés

Après un grand tour du centre-ville et de sa périphérie avec les vélos, au long de pistes cyclables bien aménagées, nous nous arrêtons à un restaurant traditionnel, pour découvrir de nouveaux pierogis et aussi un plat local, le bigos (choux cuisiné avec de la viande et des champignons).

Nous ne devons pas trop nous attarder, un train nous attends pour nous amener à Varsovie, où nous allons continuer nos visites culturelles et laisser un peu de côté nos vélos.

5 réflexions au sujet de « Jour 18 à 20 : de Jelenia Gora à Worclaw, voyage en Silésie »

  1. Salut les loulous

    Chaque jour son lot de suspense et de péripéties, on s’ennuie pas à ce que je vois ! Cécile je crois que nos portes bagages sont connectés le mien a fait des siennes aussi hier.

    Alors, pourquoi on dit sous comme un polonais ?

    Zoubi

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    1. Bah voilà Johnny, tu as ta réponse dans une super vidéo de Karambolage! Pour renchérir là dessus, nous pouvons témoigner qu’on peut dire « pompette comme un allemand » ou « bourré comme un tchèque », mais effectivement les polonais sont moins penchés sur la boutanche! C’est dire, nous n’avons pas encore l’occasion de boire de la vodka (mais bon il fait très chaud ça donne peu envie). Ils n’ont pas, comme en Allemagne, et surtout en République Tchèque, des bars à tous les coins de rue (on a déjà vu des tchèques s’arrêter de leur footing ou de leur balade en VTT pour prendre une petite pinte avant de continuer). Là nous venons d’entrer en Lituanie, apparemment, ils sont les plus gros consommateurs de bière au monde après les tchèques, on va voir ce que ça donne!

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  2. Bonjour à tous
    Nous suivons de loin, et en bon normands, avec intérêt et délectation ce récit à deux mains qui permet de moduler les impressions et les sensibilités réciproques. La place à l’humour et aux anecdotes du parcours sont les bienvenues.
    Mais quelle est la marque et le matériel du vélo de Victor ?
    (Heureusement que les portes bagages se cassent dans un pays européens aux normes voisines).
    Bon courage pour la suite

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    1. Victor a un Steppenwolf, et il s’engage à compléter sa partie incessamment sous peu 🙂

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